Comme chaque année depuis quatre ans, j’ai l’honneur d’accompagner les collégiens du Département à Auschwitz dans le cadre d’une Journée Souvenir et de Mémoire organisée par le Conseil Général. Nous étions accompagnés de quelques rescapés du camp de la mort, ainsi que d’enseignants qui avaient préparé avec les élèves des classes de 3ème un projet de cette journée du souvenir.
En ce jour de février, froid et neige étaient également au rendez-vous, ce qui rendit la journée beaucoup plus éprouvante et chargée d’émotion. La matinée était consacrée à la visite du premier camp d’Auschwitz ( Auschwitz 1), construit bien avant les premières déportations des juifs du monde entier. Les bâtiments ont été transformés en exposition souvenir et, que l’on soit adulte ou adolescent, nous étions saisis d’émotion à la vue des rétrospectives de toutes les atrocités qui ont été commises dans ce camp d’Auschwitz.
L’après-midi était consacrée à la visite sur le site de Birkenau, de cette immense plaine où a été construit le camp de la mort qui a accueilli jusqu'à 100 000 déportés ! Nos jeunes scolaires étaient très impressionnés et voulaient savoir dans des détails souvent surprenants, ce qui s’était passé dans ces baraquements au fil des saisons où froid et extrême chaleur décimaient un grand nombre de déportés. Intense émotion également de la part de nos amis rescapés qui revenaient sur les lieux de leurs anciennes tortures.
Ce qui m’a frappé cette année, ce sont surtout les questions posées par nos jeunes concitoyens au cours de cette journée. Pourquoi tant de haine et de mépris pour une race humaine ? Les bourreaux avaient-ils des visages humains ? Pourquoi « certains » de nos jours nient-ils une telle évidence ? Oui, à l’unanimité, nos jeunes générations veulent être les témoins de cet holocauste pour que le Souvenir ne s’efface pas jamais.
J’ai également remarqué le grand humanisme qui anime les rescapés qui ont donné beaucoup de leur vie pour que la mémoire ne s’efface pas. Ils méritent notre admiration et notre grand respect. Je souhaite fortement qu’une telle journée puisse continuer au fil du temps, car on s’aperçoit que 60 ans plus tard, le problème de la tolérance et du racisme aveugle, persiste encore dans plusieurs endroits de notre monde dit civilisé.
Merci encore à nos témoins de cette barbarie, d’avoir parlé sans haine et avec un vœu très sincère que notre jeunesse n’oublie pas.
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